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    La focalisation/défocalisation attentionnelle

    Indications et justifications

    Les techniques de focalisation et de défocalisation de l’attention sont d’excellents outils de régulation du stress. Plus une victime est en capacité de dégager son attention des facteurs de pression liés à un événement critique ou à l’intervention, plus elle réduit sa vulnérabilité émotionnelle. En outre, cette modification de l’attention entraîne progressivement toute une série d’autres conséquences cliniquement significatives. Le secouriste pourra donc travailler à orienter l’attention de la victime sur des éléments qui favoriseront le bon déroulement de l’intervention et un état psychologique de la victime stabilisé.

    Réalisation

    Focalisation attentionnelle

    • Cette technique est déjà naturellement utilisée, au travers de certaines questions posées dans le cadre du bilan secouriste, telles que : la date de naissance, les coordonnées, les antécédents et traitements, demander de chercher les papiers, … Ces questions qui sont posées à la victime constituent des tâches attentionnelles distractives.
    • Ces dernières peuvent être renforcées au travers d’une implication directe de la victime dans certaines actions du bilan comme par exemple : « Mettez une main sur votre ventre et comptez combien de fois votre ventre se soulève sur 30 secondes », « Je vous demande de maintenir … ce pansement, cette poche de froid, … », « Vous allez surveiller, à l’aide de cet appareil, votre fréquence cardiaque et me signaler lorsque cette dernière passera en-dessous de 100 ».
    • D’autres tâches attentionnelles permettent également de stabiliser la victime, en l’incitant par exemple à parler d’un sujet extérieur à l’intervention, comme par exemple l’interroger sur son activité professionnelle, ses loisirs, ses dernières vacances, …
    • Plus spécifiquement, des tâches d’ancrage peuvent être réalisées. Au préalable de la mise en œuvre, quand les tâches ne sont plus en lien avec le bilan, il est essentiel de préciser que ces exercices visent à la stabilisation émotionnelle.

    Ces différentes tâches sont à adapter en fonction de la capacité de la personne et du contexte, certaines tâches nécessitant plus de ressources cognitives que d’autres.

    Exemples de tâches d’implication physique (selon les capacités de la victime) :

    « Serrez les poings durant 5 secondes et relâchez, puis recommencez », « Contractez le bras droit, puis le bras gauche, alternativement », « Contractez une fois la main gauche et 2 fois la main droite ; 3 fois la gauche et 4 fois la droite ; 5 fois la gauche et 6 fois la droite, … montez jusqu’à 10, puis redescendez en alternance », « Concentrez-vous sur votre respiration, vous pouvez sentir l’air sur votre lèvre supérieure, l’air dans les narines, ressentir la fraîcheur qui monte dans les sinus, ressentir la chaleur à l’expiration, suivre le mouvement du souffle dans votre ventre … »…

    Exemples de tâches d’implication mentale (selon les capacités de la victime) :

    Formuler une phrase qui enracine dans le présent, la dire et faire répéter à la victime à chaque fois qu’elle sent son niveau de stress augmenter : « Nous sommes (date) le …. 2020, je suis avec un secouriste, je suis en sécurité » Aider la victime à reprendre conscience du lieu où elle se situe. : « Nommer (préciser un nombre : 5, 10, 15 ou 20) objets que vous voyez ? », « Comptez à rebours depuis 100 en soustrayant 3 ou 7 », « Nommer le nom d’un pays pour chaque lettre de l’alphabet » Nommer 5 objets d’une même couleur dans votre environnement.

    Défocalisation attentionnelle ou visualisation

    La visualisation est une technique qui consiste très simplement à se concentrer sur des images, des lieux ou des événements et à percevoir l’émotion et les sensations qui les accompagnent.

    Certaines personnes sont plus enclines à la rêverie et à l’imagination que d’autres, mais la visualisation est accessible à tous. On peut utiliser des représentations conformes à la réalité et se représenter l’enchaînement des différentes étapes d’une scène. Pour cela, il s’agit de visualiser le lieu dans ses détails, les objets, les gestes, de façon précise. On peut aussi utiliser la visualisation créatrice, abstraite.

    Cela consiste donc à imaginer un objet ou une situation ou encore une émotion qui déclencheraient les mêmes effets physiologiques que le ferait la réalité et ainsi d’engendrer des changements dans notre comportement ou notre métabolisme. Visualiser une situation apaisante nous aide à nous détendre.

    Exemples : Il s’agit de proposer à la victime d’imaginer un lieu-dit de sécurité qui sera choisi par la victime et d’utiliser ses sens pour explorer cet endroit.

    « Vous pouvez par exemple vous imaginer sur une barque au milieu d’un lac calme, sur une plage au soleil ou faire venir à votre esprit le souvenir d’un moment heureux de votre vie que vous prenez le temps de revivre. Prenez le temps d’observer votre image : ses couleurs, ses sons, ses odeurs, … (portez attention aux différents sens : vue, ouïe, odorat, …). Imprégnez-vous de calme, de sensations de bien-être ». « Imaginez que vous vous déplacez vers un endroit que vous connaissez bien et qui vous apporte détente, calme, sécurité́… Prenez le temps qu’il faut pour aller dans cet endroit… Indiquez-moi (en donnant le signal « OUI ») quand vous y êtes. Imaginez cet endroit, les objets que vous y voyez…, les images…, les sons typiques, la température …, les odeurs …, toutes les sensations qui vous rassurent …, qui vous indiquent que vous êtes bien en sécurité́… Vous restez là… dans cet endroit agréable, confortable pendant que notre équipe travaille pour vous faire sortir »

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