Les caméras-piétons pour les policiers obligatoires dans les zones sensibles

VIDÉO – Certains les ont surnommés les “caméras anti-bavure”, ce mercredi 1er mars entre en vigueur le décret systématisant l’utilisation de la caméra individuelle lors des contrôles d’identité dans les zones de sécurité prioritaires (ZSP).

Expérimentées depuis 2014 sur certains sites, les caméras-piétons des agents de police dans les Zone de Sécurité Prioritaires (ZSP) ont été rendues obligatoires par un décret de la loi Égalité et Citoyenneté entrant en vigueur ce mercredi. Ce dernier encadre «l’expérimentation de l’emploi de caméras individuelles par les agents de police municipale dans le cadre de leurs interventions.»

Ce dispositif sera testé jusqu’au 3 juin 2018 dans 23 secteurs, dont les «ZSP à Paris intra muros, en petite et grande couronnes, ainsi que dans des départements comme la Haute-Garonne ou bien les Alpes-Maritimes» a détaillé le ministère de l’Intérieur. Après cette année d’essai, «les directeurs généraux de la Police et de la Gendarmerie Nationales remettront au ministre de l’Intérieur un rapport d’évaluation sur l’impact de ces enregistrements systématiques sur le déroulement des interventions» a précisé place Beauvau.

Alors que la police et la gendarmerie sont actuellement équipées de 2 600 caméras-piétons, ce chiffre sera “au moins doublé” selon le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux. Il a demandé aux services du ministère «de passer dans les meilleurs délais un nouveau marché afin de doter, dans les prochains mois, l’ensemble des militaires et fonctionnaires intervenant en ZSP de caméras-piétons».

Apaiser la relation lors d’un contrôle d’identité

Alors que le débat sur les rapports entre la police et la population, notamment dans les quartiers sensibles, a été relancé par la violente interpellation dont a fait l’objet un jeune homme à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) début février, le gouvernement a estimé que ce dispositif «apais(ait) la relation lors d’un contrôle».

Interrogé par Le Figaro lors du vote de la loi fin décembre, Jean-Christophe Duhamel, du syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) estimait que ces caméras-piétons pouvaient «limiter les accusations mensongères contre les agents» et «représenter une preuve évidente de la bonne foi» de ces derniers.

Mais pour lui, «ce n’est pas une sécurité supplémentaire lors des interventions». Pire, «les contrevenants, surtout les jeunes, s’énervent encore plus dès qu’ils repèrent une caméra». Le syndicaliste jugeait cette mesure insuffisante, en déclarant: «Nous, ce qu’on veut, c’est être armé, car on a affaire à des délinquants, il n’y a donc pas de raison que l’on ne puisse pas se défendre».

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Alors que Bruno Le Roux affirmait début février que le déclenchement serait obligatoire, Médiapart précise qu’il n’est pas automatique sur les modèles choisis. Il doit être déclenché par le fonctionnaire, ce qui peut donner lieu à des oublis. Néanmoins, le ministre de l’Intérieur affirmait début février que ce dispositif était «bien plus opérationnel qu’un récépissé, qui entraînerait une forme de lourdeur.»

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Cette mise en place systématique des caméras-piétons dans les ZSP fait actuellement l’objet d’un décret en cours d’examen par le Conseil d’État.

Les pompiers de Paris changent de tenue

Pour leur cinquantième anniversaire, les soldats du feu parisiens troquent leur combinaison bleu marine contre une tenue orange flashy.

Après cinquante ans de bons et loyaux services, la traditionnelle combinaison bleu foncé des pompiers de Paris laisse sa place à une tenue plus confortable, plus ergonomique et rouge-orange. Une couleur qui ne passe pas inaperçue mais qui ne doit rien au hasard.

“Ce n’est pas du tout pour être uniforme avec nos camions. C’est d’abord parce que trois couches de ce textile permettent d’être mieux protégés contre le feu. C’est 4 ans d’études scientifiques poussées qui ont abouti à une tenue plus légère qui permet davantage de respirabilité et qui protège du rayonnement thermique”, explique sur BFM Paris le commandant Gabriel Plus, porte-parole des sapeurs-pompiers de Paris.

Les tests en laboratoire ont par ailleurs montré que ces couleurs diminuaient le rayonnement de la chaleur. D’une protection de 14 secondes pour la tenue sombre, la tenue rouge, fabriquée à partir de matériaux innovants et de kevlar, promet de passer à 20 secondes.

Chaque tenue coûte en moyenne 700 euros et les 8.500 soldats du feu parisiens devraient en être progressivement équipés à partir du mois de mai.

Des casques connectés

En plus de leur nouvelle tenue, les sapeurs-pompiers de Paris se verront aussi dotés d’un nouveau casque. Le modèle devrait être plus confortable, doté d’une grande visière pour plus de visibilité et une lampe y sera directement fixée.

Les pompiers seront également reliés par un système de télécommunications intégré au casque. En permettant au pompier de discuter avec son binôme ou son chef, ce nouveau casque rend ainsi la coordination plus efficace lors d’un incendie.

Ces changements coïncident avec l’anniversaire des Pompiers de Paris. Si la brigade existe depuis plus de 200 ans, elle célèbre cette année les 50 ans de son action jusque dans la petite couronne. Avant 1967, les sapeurs-pompiers de Paris n’intervenaient en effet qu’à Paris intramuros. Pour fêter cet anniversaire, une exposition organisée à la mairie de Paris retrace également l’histoire et les évolutions des soldats du feu parisien jusqu’au 29 avril prochain.