Tir mortel au flash-ball : un policier marseillais condamné

Un policier de 39 ans qui avait mortellement blessé le résident d’un foyer, situé dans les quartiers Nord de Marseille, le 12 décembre 2010, a été condamné par le tribunal correctionnel à six mois de prison avec sursis.

Toutefois, les juges ont décidé de ne pas inscrire cette condamnation au bulletin numéro 2 du casier judiciaire, rapportait ce vendredi matin, nos confrères de La Provence. Le procureur avait requis contre lui une peine de 18 mois avec sursis. L’avocate du mis en cause se laisse quelques jours pour décider ou non de faire appel de cette sanction.

Perpignan : le directeur de la police relevé de ses fonctions

MALAISE. Le commissaire divisionnaire Yannick Janas qui était directeur départemental de la Sécurité publique des Pyrénées-Orientales, -DDSP 66-, en poste à Perpignan depuis deux ans environ a été démis de ses fonctions, ce jeudi.

Cette mesure rarissime prise par le ministère de l’Intérieur et la direction centrale de la Sécurité publique intervient après un rapport défavorable de l’Inspection générale de la police nationale -IGPN- et dans un contexte de harcèlement présumé, dont le patron des policiers catalans aurait été la cible de la part de deux syndicats de police, plutôt classés à droite, notamment d’une poignée d’officiers : Alliance et Synergie.

Dénonçant ces méthodes présumées, le commissaire divisionnaire Yannick Janas avait demandé son départ de Perpignan depuis ces dernières semaines. Ce soir, la préfecture des Pyrénées-Orientales se contente du minimum : confirmer le départ brutal du patron des policiers des P.-O.; sans se risquer à révéler les -vrais- motifs.

Selon nos informations, le directeur de la DDSP 66 allait faire un « burn-out », c’est dire si l’ambiance était bonne et, visiblement, connue de la hiérarchie et du préfet. Depuis ces derniers jours, en effet, l’épidémie de « burn-out » qui décime les effectifs de police-secours et des brigades anticriminalité (BAC) des commissariats de l’Hérault -Montpellier, Béziers, Sète et Agde- a fait « boule de neige » à Perpignan. Jusqu’au sommet du commissariat.

La position du syndicat FO

Ce jeudi soir, sollicité par Métropolitain sur cette éviction brutale du patron des policiers des P.-O., Bruno Bartocetti, délégué régional du syndicat majoritaire Unité SGP Police FO réagit : « Nous pouvons parfois être en désaccord avec un chef de Service ou un directeur, et nous pouvons nous exprimer avec force, mais nous avons toujours travaillé face au directeur de la DDSP 66 comme avec les autres : dans la loyauté, la correction, l’échange. En retour nous avons retenu de sa part ce même mode de fonctionnement. Pour conclure, dès lors qu’un policier est en « burn out », ou en arrêt de travail, nous ne pouvons que regretter la situation personnelle du policier, peu importe le grade ».

Affaire à suivre.

Béziers : un policier blessé dans un parking souterrain

DERNIÈRE MINUTE. Un policier de la Sécurité publique du commissariat de Béziers a été blessé ce mercredi peu après 23h, dans le parking souterrain d’une résidence de la cité de la Devèze, à Béziers.

Selon nos informations, dans des circonstances encore indéterminées, le fonctionnaire de police qui était en intervention en compagnie d’autres gardiens de la paix a été volontairement coincé entre deux véhicules par un ou des individus à bord d’une voiture, dont on ignore à 23h35 s’il (s) a (ont) été interpellé (s). Souffrant de traumatismes aux jambes et au bassin, il était conscient quand les services de secours -sapeurs-pompiers du Sdis 34 et médecin du Smur 34- l’ont médicalisé sur place, puis évacué sur les urgences de l’hôpital.

Ses blessures étaient qualifiées de légères à 23h45, par une source officielle jointe par Métropolitain. On ignore s’il appartient à un équipage de police-secours ou de la brigade anticriminalité (BAC).

Des renforts de police sont sur les lieux, ainsi que la commissaire et les enquêteurs de permanence à la direction départementale de la Sécurité publique de l’Hérault -DDSP 34- pour l’enquête, supervisée par le procureur de la République de Béziers. Le Service régional de police judiciaire -SRPJ- de Montpellier devrait être saisi de la suite des investigations sur cette tentative d’homicide volontaire.

De nouvelles mesures pour dissiper le malaise des policiers

François Hollande a appelé ce lundi à Chartres son successeur à maintenir l’effort de recrutement conduit sous son quinquennat.

Engagé dans l’ultime ligne droite de son quinquennat, François Hollande ne tient pas à y voir surgir de nouvelles manifestations du « ras le bol policier », à l’image des rassemblements inopinés de l’automne dernier. Ce lundi, à Chartres, le chef de l’Etat a donc très méticuleusement dressé le bilan du plan d’équipement de 250 millions d’euros et annoncé les premières mesures issues de la concertation engagée par les préfets avec les gendarmes et les policiers de leur département, depuis décembre dernier.

Loi Sécurité publique : renforcement de la protection des forces de sécurité

La loi relative à la Sécurité publique est publiée ce jour au Journal officiel. Pour Bruno LE ROUX, Ministre de l’Intérieur, « cette loi est une réponse aux difficultés auxquelles nos forces de l’ordre sont confrontées chaque jour, dans un contexte où la violence à leur égard a désormais franchi un palier que nul ne saurait contester ». Deuxième pilier du Plan pour la Sécurité publique initié dès le 26 octobre dernier, cette loi est très largement d’application immédiate.

Quatre mois seulement après avoir été annoncée, la loi traduit la détermination du Gouvernement à adapter notre dispositif de sécurité publique en renforçant la protection des forces de sécurité et leur complémentarité. Adoptée à une large majorité par-delà les clivages partisans, la loi relative à la Sécurité publique :

  • Modernise, unifie et clarifie le cadre d’usage des armes : création d’un cadre juridique d’usage des armes, commun aux policiers, aux gendarmes mais aussi aux douaniers et aux militaires, notamment déployés en opération « Sentinelle » ;
  • renforce les peines pour certaines atteintes à l’autorité publique ;
  • protège l’identité des policiers et des gendarmes : sur autorisation, identification par matricule dans les procédures pénales en cas de danger pour les policiers et les gendarmes ou pour leurs proches ;
  • renforce la complémentarité entre les acteurs de la sécurité : élargissement des prérogatives des polices municipales ; élargissement mieux encadré des activités de sécurité privée ;
  • adapte et finalise les textes concernant la lutte contre le terrorisme : recueil et partage de l’information, contrôle des individus susceptibles d’être en lien avec des activités terroristes.

Équilibrée, cette loi consolide notre socle commun de sécurité, aujourd’hui indispensable pour assurer un haut niveau de protection face aux évolutions de la criminalité et dans un contexte de menace terroriste élevée.

Appels d’urgence : le 112, futur numéro unique ?

FRANCE INFO. À l’occasion de l’élection présidentielle, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) fait 32 propositions « d’actions concrètes » à tous les candidats. Elle réclame des embauches supplémentaires de volontaires pour atteindre le seuil de 200 000 d’ici cinq ans, environ 7 000 de plus qu’en 2015. Elle dénonce également la baisse des investissements de l’État de 26% en 5 ans. Les sapeurs-pompiers réclament par ailleurs un moratoire sur la fermeture des casernes.

Parmi les propositions, il y a l’idée de fusionner tous les numéros d’urgence existants en un seul numéro. « Nous voulons faire du 112 ‘LE’ numéro des urgences et pas un numéro parmi d’autres, a expliqué mercredi 1er mars sur franceinfo Patrick Hertgen, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF). « On a une constellation de numéros d’urgence en France, c’est illisible ». Pour lui, il faut « faire en sorte que le 112 soit le numéro d’urgence de tous les services publics d’urgence avec une plateforme téléphonique pour mieux coordonner les services et les interventions ».

franceinfo : Quel est l’état d’esprit de votre corporation aujourd’hui ?

Patrick Hertgen : On est une corporation déterminée et je pense qu’il faut le faire pour les Français. Car, depuis cinq ans, on a moins de sapeurs-pompiers en France, on a moins de casernes, moins de points de distribution des secours.

Nous avons un problème de ressources et de perception des dangers. On ne demande pas plus d’argent. Ce n’est pas la question. Nos sapeurs-pompiers sont à 80% volontaires. Nous sommes un peu moins de 250 000 en France. On est passés en dessous de la barre des 7 000 casernes.

Faut-il inverser la proportion entre pompiers volontaires et pompiers professionnels ?

Non, au contraire, il faut essayer de respecter cet équilibre : 20% de professionnels et 80% de volontaires. C’est un modèle où vous avez d’une part des citoyens engagés qui, outre leurs métiers, s’engagent, apprennent cette activité et porte secours. On ne peut pas faire uniquement un système qu’avec des pompiers professionnels.

Avec les attentats notamment, vos missions se sont multipliées ? Comment le vivez-vous ?

Il y a aussi les secours du quotidien. Il y a environ 4,5 millions d’interventions tous les ans et 3,5 millions de personnes secourues. Il y a les évènements exceptionnels : les risques climatiques, les attentats. Et dans ce cas-là, on se rend compte qu’il vaut mieux que ça fonctionne bien. Il ne s’agit pas seulement d’être plus nombreux, il faut aussi être cohérents. Nous avons interpellé les candidats sur le numéro d’appel d’urgence, le 112. Nous voulons faire du 112 ‘LE’ numéro des urgences et pas un numéro parmi d’autres. On a une constellation de numéros d’urgence en France, c’est illisible. Il faut faire en sorte que le 112 soit le numéro d’urgence de tous les services publics d’urgence avec une plateforme téléphonique commune pour mieux coordonner les services et les interventions.

Délinquance routière : la nouvelle arme des gendarmes

La sécurité routière est le cœur de métier des gendarmes de l’EDSR. Les données tarn-et-garonnaises confirment la nécessité de leur action. Depuis janvier dernier, la loi Loppsi 2 leur donne de nouvelles armes contre les automobilistes qui exagèrent.

Le capitaine Blanc, commandant l’Escadron Départemental de Sécurité Routière de Tarn-et-Garonne (EDSR 82) aligne les chiffres de la répression routière. Des chiffres «dans la moyenne nationale mais révélateurs d’un certain relâchement des automobilistes».

L’arsenal répressif était déjà en place pour les délits routiers les plus graves : rétention immédiate et systématique du permis assortie d’une sanction administrative et pécuniaire, immobilisation judiciaire, voire confiscation du véhicule décidée par un magistrat.

Grands excès de vitesse, défaut de permis, alcool… mise en fourrière systématique du véhicule

La loi Loppsi 2 (loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure) de 2011 entrée en application dans le Tarn-et-Garonne le 1er janvier dernier sur décision préfectorale, a changé la donne. Cette loi offre une nouvelle arme aux forces de l’ordre confrontées aux délits routiers : grands excès de vitesse, conduite sans permis, conduite sous alcool ou stupéfiants en récidive… Désormais, l’immobilisation systématique et à la mise en fourrière pour une durée de 7 jours du véhicule ayant servi à la commission de l’infraction sont opposables aux auteurs de ces délits (avec information au parquet). Les frais de fourrière sont à la charge du contrevenant. Plus de possibilités donc pour le passager de reprendre le volant du véhicule intercepté. Ce dernier est désormais immédiatement conduit à la fourrière. Le permis est bien évidemment retiré sur le champ au conducteur.

«Les routes du département sont très accidentogènes (N.D.L.R. : 27 accidents corporels et 6 tués depuis le 1er janvier). Il s’agit là d’une réponse répressive immédiate… Nous voyons aussi de plus en plus de conduites sans permis». Le patron de l’EDSR 82 note également «une proportion importante de jeunes conducteurs auteurs de grands excès de vitesse». Voir ce jeune homme intercepté dernièrement sur l’A.62 à 180 km/h au lieu des 110 km/h que lui imposait son jeune permis. Des conducteurs coupables de vitesses délictuelles, chronométrés à 188 km/h, 205 ou 215 km/h sur le réseau tarn-et-garonnais, l’EDSR en a interceptés des dizaines l’an dernier.

Radars mobiles : 23 142 clichés

En 2016, les gendarmes ont ainsi relevé 4 085 excès de vitesse avec interception pour des vitesses dépassant de plus de 20 km/h la vitesse autorisée. Des chronos réalisés sur autoroute et sur le réseau départemental. Par ailleurs, les radars mobiles de nouvelle génération ETM (Équipement de Terrain Mobile) qui équipent six véhicules dans le 82 ont réalisé en 2016, 23 142 clichés. «Ces véhicules circulent tous les jours» assure le patron de l’EDSR… Pour l’heure, les grands axes (RD. 958, 813, 927) menant vers l’ouest du département ainsi qu’un large secteur au sud ouest font l’objet de contrôles rigoureux de la vitesse. «Nous ne sommes pas là pour faire du chiffre, précise le capitaine. Nous sommes présents sur les axes particulièrement accidentogènes».

Les caméras-piétons pour les policiers obligatoires dans les zones sensibles

VIDÉO – Certains les ont surnommés les “caméras anti-bavure”, ce mercredi 1er mars entre en vigueur le décret systématisant l’utilisation de la caméra individuelle lors des contrôles d’identité dans les zones de sécurité prioritaires (ZSP).

Expérimentées depuis 2014 sur certains sites, les caméras-piétons des agents de police dans les Zone de Sécurité Prioritaires (ZSP) ont été rendues obligatoires par un décret de la loi Égalité et Citoyenneté entrant en vigueur ce mercredi. Ce dernier encadre «l’expérimentation de l’emploi de caméras individuelles par les agents de police municipale dans le cadre de leurs interventions.»

Ce dispositif sera testé jusqu’au 3 juin 2018 dans 23 secteurs, dont les «ZSP à Paris intra muros, en petite et grande couronnes, ainsi que dans des départements comme la Haute-Garonne ou bien les Alpes-Maritimes» a détaillé le ministère de l’Intérieur. Après cette année d’essai, «les directeurs généraux de la Police et de la Gendarmerie Nationales remettront au ministre de l’Intérieur un rapport d’évaluation sur l’impact de ces enregistrements systématiques sur le déroulement des interventions» a précisé place Beauvau.

Alors que la police et la gendarmerie sont actuellement équipées de 2 600 caméras-piétons, ce chiffre sera “au moins doublé” selon le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux. Il a demandé aux services du ministère «de passer dans les meilleurs délais un nouveau marché afin de doter, dans les prochains mois, l’ensemble des militaires et fonctionnaires intervenant en ZSP de caméras-piétons».

Apaiser la relation lors d’un contrôle d’identité

Alors que le débat sur les rapports entre la police et la population, notamment dans les quartiers sensibles, a été relancé par la violente interpellation dont a fait l’objet un jeune homme à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) début février, le gouvernement a estimé que ce dispositif «apais(ait) la relation lors d’un contrôle».

Interrogé par Le Figaro lors du vote de la loi fin décembre, Jean-Christophe Duhamel, du syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) estimait que ces caméras-piétons pouvaient «limiter les accusations mensongères contre les agents» et «représenter une preuve évidente de la bonne foi» de ces derniers.

Mais pour lui, «ce n’est pas une sécurité supplémentaire lors des interventions». Pire, «les contrevenants, surtout les jeunes, s’énervent encore plus dès qu’ils repèrent une caméra». Le syndicaliste jugeait cette mesure insuffisante, en déclarant: «Nous, ce qu’on veut, c’est être armé, car on a affaire à des délinquants, il n’y a donc pas de raison que l’on ne puisse pas se défendre».

» Lire aussi: Bruno Le Roux déploie 2600 caméras-piétons chez les forces de l’ordre

Alors que Bruno Le Roux affirmait début février que le déclenchement serait obligatoire, Médiapart précise qu’il n’est pas automatique sur les modèles choisis. Il doit être déclenché par le fonctionnaire, ce qui peut donner lieu à des oublis. Néanmoins, le ministre de l’Intérieur affirmait début février que ce dispositif était «bien plus opérationnel qu’un récépissé, qui entraînerait une forme de lourdeur.»

» Lire aussi: Affaire Théo: le récépissé d’identité, la solution controversée qui ressurgit

Cette mise en place systématique des caméras-piétons dans les ZSP fait actuellement l’objet d’un décret en cours d’examen par le Conseil d’État.