Une personne est en arrêt cardiaque (AC) lorsque son cœur ne fonctionne plus ou fonctionne de façon anarchique, ne permettant plus d’assurer la circulation du sang dans l’organisme et en particulier l’oxygénation du cerveau.

Causes

Chez l’adulte, l’arrêt cardiaque :

  • est le plus souvent d’origine cardiaque ; Il est lié à une interruption de toute activité mécanique efficace du cœur. Il survient le plus souvent à cause d’un fonctionnement anarchique du cœur, l’empêchant de faire circuler le sang efficacement. Cette anomalie peut être secondaire à un infarctus du myocarde, à certaines intoxications ou d’autres maladies cardiaques. Parfois, l’arrêt cardiaque survient sans aucune anomalie préexistante connue : c’est la mort subite.
  • peut avoir une origine respiratoire, due en particulier à :
    • une obstruction grave des voies aériennes dont les manœuvres de désobstruction ont échoué ;
    • un traumatisme du crâne, du rachis ou du thorax ;
    • un accident dû à l’eau (noyade), à l’électricité ou une pendaison.
  • peut survenir à la suite d’une perte de sang importante (hémorragie).

Chez l’enfant et le nourrisson, l’arrêt cardiaque est le plus souvent d’origine respiratoire. Il est la conséquence d’un manque d’oxygène. On le rencontre particulièrement en cas :

  • d’étouffement (sac plastique) ;
  • de strangulation (jeux) ;
  • d’une obstruction grave des voies aériennes ;
  • de noyade (accident dû à l’eau).

L’AC d’origine cardiaque chez l’enfant et le nourrisson est beaucoup plus rare que chez l’adulte. Il survient le plus souvent à cause d’une maladie ou d’une anomalie cardiaque, souvent non connue. Dans ce cas, il se manifeste, comme chez l’adulte, de façon brutale, et entraîne une chute de l’enfant alors qu’il en train de jouer ou de pratiquer une autre activité.

Il peut aussi survenir à la suite d’une hémorragie importante, d’une électrocution ou d’une atteinte traumatique grave (traumatisme du crâne, du rachis ou du thorax).

Risques & Conséquences

La vie d’une victime en arrêt cardiaque est, en quelques minutes, menacée.

Quand la respiration d’une victime s’arrête et quand son cœur cesse d’être efficace, l’air n’arrive plus au niveau des poumons, le sang cesse de circuler et l’alimentation en oxygène du corps entier n’est plus assurée. Le cerveau est l’organe le plus sensible de l’organisme au manque d’oxygène. Si aucun geste de secours n’est réalisé, des lésions cérébrales apparaissent en quelques secondes, chez l’enfant ou le nourrisson, ou en quelques minutes chez l’adulte.

Progressivement, ces lésions deviennent irréversibles rendant les chances de survie quasiment nulle en quelques minutes (environ huit minutes chez l’adulte).

Signes

L’identification des signes de l’arrêt cardiaque est réalisée en quelques secondes au cours du bilan d’urgence vitale. Elle doit aussi pouvoir être réalisée par le secouriste si celui-ci est chargé de la réception de l’alerte.

Une victime est considérée en arrêt cardiaque si :

  • elle ne répond pas quand on l’appelle ou la stimule (perte de connaissance) ;
  • elle ne respire plus ou présente une respiration anormale (gasps).

Parfois, ces signes peuvent être accompagnés de convulsions brèves.

La recherche d’un pouls n’est pas systématique pour caractériser l’arrêt cardiaque. Toutefois, si elle est effectuée, son évaluation simultanée à la recherche de la respiration ne doit jamais dépasser 10 secondes et elle ne doit pas retarder la mise en œuvre des gestes de secours déclinés dans le tableau suivant.

Cette recherche se fait au niveau :

  • carotidien chez l’adulte et l’enfant
  • fémoral chez l’enfant ou le nourrisson

En cas d’absence ou de doute sur la présence du pouls chez une victime qui a perdu connaissance, même avec des mouvements ventilatoires, il faut débuter ou poursuivre une RCP. En effet, la réalisation d’une RCP précoce par des témoins peut permettre une reprise de mouvements ventilatoires grâce au massage cardiaque sans une reprise de circulation.

Dans certains cas, chez l’adulte, l’arrêt cardiaque peut être précédé de signes annonciateurs, en particulier une douleur serrant la poitrine, permanente, angoissante, pouvant irradier dansle cou et les bras. Cette douleur est parfois associée à une difficulté à respirer et des sueurs.

Principe de l’action de secours

L’action de secours doit permettre, sauf en cas de décès certain (tête séparée du tronc, victime déchiquetée, démembrée ou en état de raideur cadavérique) la réalisation d’une série d’action augmentant les chances de survie de la victime :

  • reconnaître les signes annonciateurs ou l’AC ;
  • alerter de façon précoce les secours médicalisés ;
  • réaliser ou guider une réanimation cardiopulmonaire (RCP) précoce ;
  • assurer la mise en œuvre d’une défibrillation précoce.

Ces différentes étapes, complétées par une prise en charge médicale précoce, constituent une chaîne de survie susceptible d’augmenter de 4 à 40 % le taux de survie des victimes. Chaque minute gagnée dans la mise en place d’un défibrillateur automatisé externe (DAE) peut augmenter de 10 % les chances de survie de la victime.