Aisne : l’inattendu coup de gueule d’un pompier à la sous-préfète

Alors que la sous-préfète de l’Aisne, rendait visite aux pompiers de la caserne de Saint-Quentin -pour les remercier de leur courage en cette période de fêtes-, un pompier syndiqué l’a interpellé afin de faire une demande, laissée lettre morte jusqu’à maintenant. “Madame la sous-préfète, je me permets de vous demander…”, a commencé le soldat du feu. “À Saint-Quentin, nous sommes les laissés pour compte”, a poursuivi le sapeur selon nos confrères du Courrier Picard, devant ses collègues de garde, deux chefs et le maire de la ville.

Quoi de mieux d’interpeller la cheffe de l’arrondissement qui évidemment ne s’attendait pas à être prise à partie de la sorte… au nez et à la barbe du chef du centre de secours qui découvrait là lui aussi une situation que l’on pourrait qualifier d’embarrassante pour l’autorité du chef.

« Je ne savais pas que ça patinait mais ça ne patinera plus » – Magalie Daverton, sous-préfète.

De même source, cette réaction inattendue est la suite d’une intervention qui remonte à janvier 2017, où d’importants moyens de secours avaient été déployés pour un incendie qui s’est déclaré dans l’une tour. Plusieurs personnes prisonnières des flammes et des fumées ont été sorties par l’un des pompiers. Une demande de reconnaissance -par l’intermédiaire d’une médaille- pour cet acte de bravoure est donc remontée jusqu’aux autorités compétentes (la direction du Service départemental d’incendie et de secours ainsi que la préfecture). Mais elle n’est jamais redescendue, précise le Courrier Picard.

“Je ne savais pas que ça patinait mais ça ne patinera plus” a-t-elle assuré au pompier. “Ce n’est pas le premier sauvetage, surenchérit le syndiqué, en terrain conquis. Il n’y a pas de différence entre les chaussures basses et les Rangers. Les hommes de terrain, c’est nous”. Autrement dit, les médailles, ce n’est pas que pour les gradés, en col blanc. Un besoin d’être valorisé auquel la sous-préfète n’était pas préparée mais auquel elle répondra favorablement. Et c’est elle qui décorera le valeureux pompier. Cette fois, sous les applaudissements.

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Sécurité civile : six nouveaux avions pour lutter contre les feux de forêt

Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur, a annoncé ce lundi matin, l’achat de six Bombardier Q400 supplémentaires dans leur version lutte incendies. Il avait annoncé cette intention l’été dernier, lors d’un déplacement en Corse.

Le gouvernement français vient de passer une commande auprès de Bombardier, pour six turbopropulseurs Q400 en version lutte incendie supplémentaires. Depuis 2005, la Sécurité civile en exploite déjà deux. Capable d’emporter 10 tonnes de produits retardant, les Bombardier Q400 MR servent aussi au transport de personnes (64 passagers) et de fret (9 tonnes).

1’800 km à une vitesse de 600 km/h

D’après un rapport d’information du Sénat, l’appareil est “capable de couvrir 1’800 km à une vitesse de 600 km/h, le Bombardier Q400 dispose d’une autonomie de trois heures de carburant. Ce qui lui donne la possibilité d’intervenir “dans 90 % des secteurs à risques méditérranéens”. L’appareil peut aussi couvrir “l’ensemble de la zone Sud-Ouest” puisqu’il peut relier Bordeaux en une heure (au lieu de deux heures pour le Canadair).

Reste la question de son utilisation en relief tourmenté. Si un relief “plus accidenté n’est pas le domaine normal d’évolution du Dash”, reconnaît le rapport du Sénat; l’appareil avec ses trois heures de carburant “peut intervenir dans le relief avec une limitation avant largage de 2,4 g en comptant trois interventions de 50 min chacune avant ravitaillement. A la première intervention, il pourra emporter 6 tonnes de retardant (soit environ 1 tonne de plus que le Fokker pour les mêmes conditions d’interventions en relief). A la seconde intervention, il pourra emporter 7 tonnes de retardant et 8 tonnes à la troisième”.

6 tonnes d’eau en 12 secondes

Si les Canadair CL 415 bombardiers d’eau restent des outils très performants avec “la capacité de recueillir 6 tonnes d’eau en 12 secondes, en effleurant un plan d’eau sur 1 500 mètres”, le coût de leur maintenance est très élevé. Ce qui explique les autres propos du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, en Haute-Corse. “La flotte est aujourd’hui suffisante en France” mais doit “faire l’objet d’un entretien quand elle revient à terre”, a-t-il aussi précisé. Les Canadair CL 415 représentent à eux seuls plus de 60 % des coûts de maintenance de la flotte totale.

Pyrénées-Orientales : le pompier menacé par son employeur ne sera pas sanctionné

C’est une bonne nouvelle que nous avons appris vendredi dernier. En effet, Yannick Conegero, sous-officier de sapeurs-pompiers volontaires à Cerbère (Pyrénées-Orientales), ne sera pas sanctionné par sa hiérarchie. Il lui était reproché d’être arrivé en retard à son poste de travail, le 6 novembre dernier. Un retard qui n’a pas eu de mal à justifier, puisqu’il a été appelé à intervenir sur un feu de broussailles. Mais cette excuse n’aurait visiblement pas suffit à la direction locale FRET de la SNCF, qui l’a menacé de sanctions.

Après notre article et la reprise de notre information par nos confrères, Yannick Conegero a été entendu par sa direction basée à Clichy. “J’ai été entendu par ma direction, aucune sanction, ni blâme n’est retenue contre moi. On m’a fait monter, seulement pour m’expliquer la convention entre les sapeurs-pompiers et la SNCF” a-t-il précisé au collectif qui défend les intérêts des sapeurs-pompiers volontaires dans les Pyrénées-Orientales (66). La mobilisation a été totale, puisque l’union départementale des sapeurs-pompiers des Pyrénées-Orientales (UDSP 66), la fédération nationale (FNSPF) et le SDIS 66 se sont mobilisés, une fois informés du problème. Il aurait eu rapidement “l’assurance de la direction générale de la SNCF, qu’il ne serait pas sanctionné pour ce retard”, précise Jean Garcia, président de l’UDSP 66.

Une résolution pour 2018

“Dorénavant, si cela devrait se reproduire, ma hiérarchie (pompier) devra faire le nécessaire pour me rapatrier sur mon lieu de travail, car cela peut avoir des conséquences économiques” ajoute Yannick Conegero, tout en estimant “qu’a contre sens, un feu peut aussi avoir des conséquences économiques, mais aussi et surtout humaine”.

Après beaucoup de stress, pour lui et son entourage en période de fêtes de fin d’année, il avoue compter intervenir moins souvent à des moments proches de ses horaires, afin que cette situation ne se reproduise plus. Dans un message, écrit pour la fin de la pétition signée par plus de 18’000 personnes, il remercie “tous les sapeurs-pompiers, les sympathisants, les agents SNCF, le collectif SPV 66, ainsi que les rédactions de Secours Info et de France bleu Roussillon.

VISOV : l’association des “volontaires numériques” bouge

EN BREF. L’assemblée générale de l’association VISOV a eu lieu samedi. À l’occasion, une trentaine de bénévoles étaient présents, dont un venu de La Réunion. Après un bilan annuel, un nouveau conseil d’administration s’est formé.

C’est désormais Thomas Loison, officier de sapeurs-pompiers, qui a été élu président. À ses côtés ; Ludovic Morand (vice-président), Élodie Boileau (trésorière), Sophie Arago (secrétaire), Jonathan Konckier et Jean-Christophe Bandelier au conseil d’administration.

Photo @VISOV1 sur Twitter.

L’association VISOV (Volontaires Internationaux en Soutien Opérationnel Virtuel) créée en janvier 2014 mais déjà très active depuis 2012, est la première communauté virtuelle francophone de volontaires numériques en gestion d’urgence (sécurité civile). Elle promeut l’utilisation accrue des Médias Sociaux en Gestion d’Urgence, les MSGU.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site internet visov.org.