Perpignan : le directeur de la police relevé de ses fonctions

MALAISE. Le commissaire divisionnaire Yannick Janas qui était directeur départemental de la Sécurité publique des Pyrénées-Orientales, -DDSP 66-, en poste à Perpignan depuis deux ans environ a été démis de ses fonctions, ce jeudi.

Cette mesure rarissime prise par le ministère de l’Intérieur et la direction centrale de la Sécurité publique intervient après un rapport défavorable de l’Inspection générale de la police nationale -IGPN- et dans un contexte de harcèlement présumé, dont le patron des policiers catalans aurait été la cible de la part de deux syndicats de police, plutôt classés à droite, notamment d’une poignée d’officiers : Alliance et Synergie.

Dénonçant ces méthodes présumées, le commissaire divisionnaire Yannick Janas avait demandé son départ de Perpignan depuis ces dernières semaines. Ce soir, la préfecture des Pyrénées-Orientales se contente du minimum : confirmer le départ brutal du patron des policiers des P.-O.; sans se risquer à révéler les -vrais- motifs.

Selon nos informations, le directeur de la DDSP 66 allait faire un « burn-out », c’est dire si l’ambiance était bonne et, visiblement, connue de la hiérarchie et du préfet. Depuis ces derniers jours, en effet, l’épidémie de « burn-out » qui décime les effectifs de police-secours et des brigades anticriminalité (BAC) des commissariats de l’Hérault -Montpellier, Béziers, Sète et Agde- a fait « boule de neige » à Perpignan. Jusqu’au sommet du commissariat.

La position du syndicat FO

Ce jeudi soir, sollicité par Métropolitain sur cette éviction brutale du patron des policiers des P.-O., Bruno Bartocetti, délégué régional du syndicat majoritaire Unité SGP Police FO réagit : « Nous pouvons parfois être en désaccord avec un chef de Service ou un directeur, et nous pouvons nous exprimer avec force, mais nous avons toujours travaillé face au directeur de la DDSP 66 comme avec les autres : dans la loyauté, la correction, l’échange. En retour nous avons retenu de sa part ce même mode de fonctionnement. Pour conclure, dès lors qu’un policier est en « burn out », ou en arrêt de travail, nous ne pouvons que regretter la situation personnelle du policier, peu importe le grade ».

Affaire à suivre.

Hérault : un opérateur du CODIS 34 guide un témoin et sauve une vie

PREMIERS SECOURS. C’est une véritable course contre la montre et contre la mort également qui s’est déroulée ce jeudi après-midi dans l’Hérault, où un motard, grièvement blessé sur la RD 613, entre Montagnac et le pont de l’Hérault, sur la route de Pézenas, lors d’une collision avec une voiture a sans doute eu la vie sauve, grâce au professionnalisme d’un sapeur-pompiers du Sdis 34, une opératrice en poste à la plate-forme d’appels du centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (Codis 34), à Vailhauquès.

Quand un témoin a appelé le 18 pour signaler avec son téléphone portable, qu’un motard était très grièvement blessé, sans connaissance et qu’il perdait beaucoup de sang à cause d’une section de l’artère fémorale au niveau du fémur, l’opératrice a certes, immédiatement déclenché les secours, à savoir les casernes de pompiers les plus proches pour dépêcher une ambulance et un médecin, mais, comprenant que le motard risquait de se vider de son sang en raison de cette terrible plaie, elle a guidé en direct le témoin pour lui expliquer les gestes de premiers secours à accomplir.

La pose d’un garrot

Faisant preuve d’un sang-froid exemplaire, l’opératrice du Codis 34 a dicté à cet automobiliste la façon de poser un garrot en urgence sur la victime : avec quoi le poser, comment le poser et à quel endroit précis pour stopper l’importante hémorragie. Le témoin a alors scrupuleusement suivi les étapes données par le pompier au bout du fil.

À l’arrivée des pompiers et d’un médecin, le garrot était en place sur la jambe du motard touchée, ce qui lui a sauvé la vie. Le blessé a été pris en charge par le Dragon 34, l’hélicoptère de la Sécurité civile de l’Hérault et admis au département anesthésie réanimation (DAR) au CHU de Montpellier.

Le motard, très grièvement blessé à cette jambe aura peut-être eu la vie sauve grâce à cette chaîne de secours spontanément mise en place.

Béziers : un policier blessé dans un parking souterrain

DERNIÈRE MINUTE. Un policier de la Sécurité publique du commissariat de Béziers a été blessé ce mercredi peu après 23h, dans le parking souterrain d’une résidence de la cité de la Devèze, à Béziers.

Selon nos informations, dans des circonstances encore indéterminées, le fonctionnaire de police qui était en intervention en compagnie d’autres gardiens de la paix a été volontairement coincé entre deux véhicules par un ou des individus à bord d’une voiture, dont on ignore à 23h35 s’il (s) a (ont) été interpellé (s). Souffrant de traumatismes aux jambes et au bassin, il était conscient quand les services de secours -sapeurs-pompiers du Sdis 34 et médecin du Smur 34- l’ont médicalisé sur place, puis évacué sur les urgences de l’hôpital.

Ses blessures étaient qualifiées de légères à 23h45, par une source officielle jointe par Métropolitain. On ignore s’il appartient à un équipage de police-secours ou de la brigade anticriminalité (BAC).

Des renforts de police sont sur les lieux, ainsi que la commissaire et les enquêteurs de permanence à la direction départementale de la Sécurité publique de l’Hérault -DDSP 34- pour l’enquête, supervisée par le procureur de la République de Béziers. Le Service régional de police judiciaire -SRPJ- de Montpellier devrait être saisi de la suite des investigations sur cette tentative d’homicide volontaire.

De nouvelles mesures pour dissiper le malaise des policiers

François Hollande a appelé ce lundi à Chartres son successeur à maintenir l’effort de recrutement conduit sous son quinquennat.

Engagé dans l’ultime ligne droite de son quinquennat, François Hollande ne tient pas à y voir surgir de nouvelles manifestations du « ras le bol policier », à l’image des rassemblements inopinés de l’automne dernier. Ce lundi, à Chartres, le chef de l’Etat a donc très méticuleusement dressé le bilan du plan d’équipement de 250 millions d’euros et annoncé les premières mesures issues de la concertation engagée par les préfets avec les gendarmes et les policiers de leur département, depuis décembre dernier.

Loi Sécurité publique : renforcement de la protection des forces de sécurité

La loi relative à la Sécurité publique est publiée ce jour au Journal officiel. Pour Bruno LE ROUX, Ministre de l’Intérieur, « cette loi est une réponse aux difficultés auxquelles nos forces de l’ordre sont confrontées chaque jour, dans un contexte où la violence à leur égard a désormais franchi un palier que nul ne saurait contester ». Deuxième pilier du Plan pour la Sécurité publique initié dès le 26 octobre dernier, cette loi est très largement d’application immédiate.

Quatre mois seulement après avoir été annoncée, la loi traduit la détermination du Gouvernement à adapter notre dispositif de sécurité publique en renforçant la protection des forces de sécurité et leur complémentarité. Adoptée à une large majorité par-delà les clivages partisans, la loi relative à la Sécurité publique :

  • Modernise, unifie et clarifie le cadre d’usage des armes : création d’un cadre juridique d’usage des armes, commun aux policiers, aux gendarmes mais aussi aux douaniers et aux militaires, notamment déployés en opération « Sentinelle » ;
  • renforce les peines pour certaines atteintes à l’autorité publique ;
  • protège l’identité des policiers et des gendarmes : sur autorisation, identification par matricule dans les procédures pénales en cas de danger pour les policiers et les gendarmes ou pour leurs proches ;
  • renforce la complémentarité entre les acteurs de la sécurité : élargissement des prérogatives des polices municipales ; élargissement mieux encadré des activités de sécurité privée ;
  • adapte et finalise les textes concernant la lutte contre le terrorisme : recueil et partage de l’information, contrôle des individus susceptibles d’être en lien avec des activités terroristes.

Équilibrée, cette loi consolide notre socle commun de sécurité, aujourd’hui indispensable pour assurer un haut niveau de protection face aux évolutions de la criminalité et dans un contexte de menace terroriste élevée.

Appels d’urgence : le 112, futur numéro unique ?

FRANCE INFO. À l’occasion de l’élection présidentielle, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) fait 32 propositions “d’actions concrètes” à tous les candidats. Elle réclame des embauches supplémentaires de volontaires pour atteindre le seuil de 200 000 d’ici cinq ans, environ 7 000 de plus qu’en 2015. Elle dénonce également la baisse des investissements de l’État de 26% en 5 ans. Les sapeurs-pompiers réclament par ailleurs un moratoire sur la fermeture des casernes.

Parmi les propositions, il y a l’idée de fusionner tous les numéros d’urgence existants en un seul numéro. “Nous voulons faire du 112 ‘LE’ numéro des urgences et pas un numéro parmi d’autres, a expliqué mercredi 1er mars sur franceinfo Patrick Hertgen, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF). “On a une constellation de numéros d’urgence en France, c’est illisible”. Pour lui, il faut “faire en sorte que le 112 soit le numéro d’urgence de tous les services publics d’urgence avec une plateforme téléphonique pour mieux coordonner les services et les interventions”.

franceinfo : Quel est l’état d’esprit de votre corporation aujourd’hui ?

Patrick Hertgen : On est une corporation déterminée et je pense qu’il faut le faire pour les Français. Car, depuis cinq ans, on a moins de sapeurs-pompiers en France, on a moins de casernes, moins de points de distribution des secours.

Nous avons un problème de ressources et de perception des dangers. On ne demande pas plus d’argent. Ce n’est pas la question. Nos sapeurs-pompiers sont à 80% volontaires. Nous sommes un peu moins de 250 000 en France. On est passés en dessous de la barre des 7 000 casernes.

Faut-il inverser la proportion entre pompiers volontaires et pompiers professionnels ?

Non, au contraire, il faut essayer de respecter cet équilibre : 20% de professionnels et 80% de volontaires. C’est un modèle où vous avez d’une part des citoyens engagés qui, outre leurs métiers, s’engagent, apprennent cette activité et porte secours. On ne peut pas faire uniquement un système qu’avec des pompiers professionnels.

Avec les attentats notamment, vos missions se sont multipliées ? Comment le vivez-vous ?

Il y a aussi les secours du quotidien. Il y a environ 4,5 millions d’interventions tous les ans et 3,5 millions de personnes secourues. Il y a les évènements exceptionnels : les risques climatiques, les attentats. Et dans ce cas-là, on se rend compte qu’il vaut mieux que ça fonctionne bien. Il ne s’agit pas seulement d’être plus nombreux, il faut aussi être cohérents. Nous avons interpellé les candidats sur le numéro d’appel d’urgence, le 112. Nous voulons faire du 112 ‘LE’ numéro des urgences et pas un numéro parmi d’autres. On a une constellation de numéros d’urgence en France, c’est illisible. Il faut faire en sorte que le 112 soit le numéro d’urgence de tous les services publics d’urgence avec une plateforme téléphonique commune pour mieux coordonner les services et les interventions.

Un nouveau directeur pour la sécurité civile

CRISES. Un ancien officier de gendarmerie sera à la tête des sapeurs-pompiers et plus largement directeur de l’organisation des secours en France, dès le 13 mars prochain.

Jacques Witkowski, 54 ans, préfet de la Manche depuis janvier 2016 a été nommé, ce vendredi, directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises à l’administration centrale du ministère de l’Intérieur.

Saint-Cyrien (promotion lieutenant-colonel Gaucher, celle du major général Christian Rodriguez, du général Patrick Valentini, commandant de la Guyane, du général Simon-Pierre Baradel, commandant des écoles, du général Laurent Tavel, directeur du soutien et des finances), il a été commandant d’un groupe de pelotons mobiles en Martinique, commandant d’une compagnie en Vendée,  et, en 1996,  commandant militaire de l’Hôtel Matignon avec le grade de chef d’escadron.

Deux échelons

Après avoir intégré la préfectorale, il a débuté sa carrière comme directeur du cabinet du préfet des Côtes-d’Armor, puis a été directeur du cabinet du préfet de la région Réunion, préfet de la Réunion,  directeur de cabinet de la directrice des affaires politiques, administratives et financières au secrétariat d’Etat à l’outre-mer, sous-préfet de Sélestat-Erstein , secrétaire général de la Polynésie française, secrétaire général de la préfecture du Finistère, secrétaire général de la préfecture du Pas-de-Calais et préfet de Mayotte.

Il  été ensuite nommé en 2014 directeur de cabinet de la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin. Il est chevalier  de l’Ordre National du Mérite,  chevalier de la Légion d’honneur et titulaire de la médaille de la défense nationale.

La Sécurité civile est divisée en deux échelons :

Les sapeurs-pompiers -volontaires et professionnels- sont rattachés aux services départementaux d’incendie et de secours, les Sdis qui sont des établissements publics autonomes à l’échelle du département.

Une intersyndicale de sapeurs-pompiers appelle à manifester

Stopper les baisses de moyens et d’effectifs, améliorer les perspectives de carrière des agents des Sdis, garantir les moyens du secours à personnes… Telles sont les revendications principales d’une intersyndicale de sapeurs-pompiers qui appelle à manifester le 14 mars.

Sept organisations syndicales de sapeurs-pompiers (CFDT, CGT, CFE-CGC-AS, FA/SPP-PATS, CFTC-SPASDIS, SUD, UNSA-SDIS) appellent à une manifestation nationale de la profession le 14 mars. Seul le SNSPP-PATS-FO, qui affirme néanmoins partager la majorité des revendications, préfère rejoindre la manifestation inter fonctions publiques du 7 mars (voir encadré ci-dessous).

Dans un communiqué commun, les syndicats affirment avoir « construit, depuis le 12 décembre 2016, un front uni dans le seul intérêt des agents, SPP comme PATS ». Ils précisent avoir travaillé, au cours de plusieurs réunions, sur «  la nécessaire et indispensable remise en cause des politiques départementales ».

Délinquance routière : la nouvelle arme des gendarmes

La sécurité routière est le cœur de métier des gendarmes de l’EDSR. Les données tarn-et-garonnaises confirment la nécessité de leur action. Depuis janvier dernier, la loi Loppsi 2 leur donne de nouvelles armes contre les automobilistes qui exagèrent.

Le capitaine Blanc, commandant l’Escadron Départemental de Sécurité Routière de Tarn-et-Garonne (EDSR 82) aligne les chiffres de la répression routière. Des chiffres «dans la moyenne nationale mais révélateurs d’un certain relâchement des automobilistes».

L’arsenal répressif était déjà en place pour les délits routiers les plus graves : rétention immédiate et systématique du permis assortie d’une sanction administrative et pécuniaire, immobilisation judiciaire, voire confiscation du véhicule décidée par un magistrat.

Grands excès de vitesse, défaut de permis, alcool… mise en fourrière systématique du véhicule

La loi Loppsi 2 (loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure) de 2011 entrée en application dans le Tarn-et-Garonne le 1er janvier dernier sur décision préfectorale, a changé la donne. Cette loi offre une nouvelle arme aux forces de l’ordre confrontées aux délits routiers : grands excès de vitesse, conduite sans permis, conduite sous alcool ou stupéfiants en récidive… Désormais, l’immobilisation systématique et à la mise en fourrière pour une durée de 7 jours du véhicule ayant servi à la commission de l’infraction sont opposables aux auteurs de ces délits (avec information au parquet). Les frais de fourrière sont à la charge du contrevenant. Plus de possibilités donc pour le passager de reprendre le volant du véhicule intercepté. Ce dernier est désormais immédiatement conduit à la fourrière. Le permis est bien évidemment retiré sur le champ au conducteur.

«Les routes du département sont très accidentogènes (N.D.L.R. : 27 accidents corporels et 6 tués depuis le 1er janvier). Il s’agit là d’une réponse répressive immédiate… Nous voyons aussi de plus en plus de conduites sans permis». Le patron de l’EDSR 82 note également «une proportion importante de jeunes conducteurs auteurs de grands excès de vitesse». Voir ce jeune homme intercepté dernièrement sur l’A.62 à 180 km/h au lieu des 110 km/h que lui imposait son jeune permis. Des conducteurs coupables de vitesses délictuelles, chronométrés à 188 km/h, 205 ou 215 km/h sur le réseau tarn-et-garonnais, l’EDSR en a interceptés des dizaines l’an dernier.

Radars mobiles : 23 142 clichés

En 2016, les gendarmes ont ainsi relevé 4 085 excès de vitesse avec interception pour des vitesses dépassant de plus de 20 km/h la vitesse autorisée. Des chronos réalisés sur autoroute et sur le réseau départemental. Par ailleurs, les radars mobiles de nouvelle génération ETM (Équipement de Terrain Mobile) qui équipent six véhicules dans le 82 ont réalisé en 2016, 23 142 clichés. «Ces véhicules circulent tous les jours» assure le patron de l’EDSR… Pour l’heure, les grands axes (RD. 958, 813, 927) menant vers l’ouest du département ainsi qu’un large secteur au sud ouest font l’objet de contrôles rigoureux de la vitesse. «Nous ne sommes pas là pour faire du chiffre, précise le capitaine. Nous sommes présents sur les axes particulièrement accidentogènes».